Forever Chairman

François Marc MODZOM

July 26, 2023
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Hommage à NI John FRU NDI par l’Editorialiste François Marc MODZOM


Il a contribué à sa manière, à écrire l’histoire politique du Cameroun ces 35 dernières années. En mai 1990, il force la main du destin en donnant dans la douleur, naissance au SDF. Par ce temps de parti unique, cela fait forcément désordre, mais John Fru Ndi entame sa marche à la tête d’une formation déterminée à inscrire le pays dans la modernité démocratique. Une préfiguration des années dites de braises, où le temps était à la radicalisation d’une part et la diabolisation d’autre part. Il faudra attendre la fin de l’année 1990 pour que les conditions d’inscription du SDF dans la légalité Républicaine soient enfin réunies. Moins de deux années après, John Fru Ndi et le SDF frôlaient le Zénith à l’élection présidentielle d’octobre 1992. À 100.000 voix près, il aurait pu être élu Président du Cameroun même sans siéger à hémicycle du Cameroun, John Fru Ndi s’imposait d’orge et déjà comme le leader incontesté de l’opposition Camerounaise. Il allait peu à peu épouser le ton et les contours de la démocratie apaisée alors que des rumeurs de concertations souterraines avec le RDPC, transperçaient avec de plus en plus
de persistance et de convergence. La première rencontre officielle, entre le président Paul BIYA et le leader du SDF, a eu lieu le 10 décembre 2010 à Bamenda dans le sciage des cérémonies marquants le cinquantenaire de l’armée Camerounaise. Les deux hommes ont ainsi démontré avec splendeur, que les querelles et les susceptibilités personnelles pouvaient aisément être surmontées lorsque l’intérêt supérieur de l’État était en jeu, l’on devinait par ailleurs, la somme des compromis consentis de part et d’autre par-dessus la tête de leur orde respective de radicaux pour écrire ce nouvel épisode de la démocratie Camerounaise. Depuis lors, il n’était plus du tout étrange de voir les deux personnalités face à face, notamment lors du comice agro-pastorale d’Ebolowa en janvier 2011 et lors des réceptions au soir du 20 mai jour de fête nationale au Palais de l’Unité à Yaoundé.

Un monument de notre histoire politique quitte la scène, un fort tempérament n’ayant pas hésité à prendre ou à donner des coups quand il le fallait pour préserver selon le cas, les intérêts de son parti ou de son pays. Peut-être, n-a-t-il pas toujours eu le bon flair par rapport à toutes les mutations politiques majeures du Cameroun au fil des trois dernières décennies. Le Boycott de certains rendez-vous électoraux à peut-être plus desservi son parti qu’autre chose, mais ainsi sont les hommes d’actions ils écrivent l’histoire de leur époque en avançant à leur rythme, tout en prenant le risque parfois de se tromper. Josh Fru Ndi a joué sa partition sans faiblesse. Il mérite l’hommage sans réserve de la communauté nationale.


François Marc MODZOM

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